Université 2007 « Les MJC en Rhône-Alpes »
questions de jeunesse !
1- l’Université des MJC :
un temps pour regarder, analyser et comprendre ; puis réfléchir à une politique et des axes de travail pour avancer ensemble…
2- Une société malade de sa jeunesse :
la jeunesse devient « un problème » pour la société, mais n’est-ce pas l’inverse… une société qui génère une telle crise générationnelle est une société profondément malade :
questions de mixité, de discrimination, d’égalité, de cohérence économique et sociale… la situation et la réaction des jeunes en est un des symptômes, pas une cause !
3- C’est quoi la jeunesse :
un état quasi permanent « encore enfants, jamais adultes » ou une transition plus ou moins rapide vers l’âge adulte. C’est quoi aujourd’hui être « majeur », et quand ?
4- Faut-il agir pour la jeunesse, laisser les jeunes agir pour eux ou agir avec la jeunesse :
plus personne ne songe « faire pour ou à la place » des jeunes, mais la tendance lourde est de renvoyer cette problématique de la jeunesse aux jeunes eux-mêmes : leurs
« initiatives émergentes » permettraient de résoudre la crise. Raisonnement bien simpliste de quelques intégristes du jeunisme qui sont souvent écoutés par nos responsables politiques.
La vraie question, c’est comment remettre la société en mouvement avec sa jeunesse ? : c’est un des principes fondateur et fondamental de certains courants de l’éducation populaire
incarné historiquement par les MJC notamment.
5- Comment redonner une place à la jeunesse et permettre l’émancipation de chacun :
§ une place dans la société : être considérés comme membres en
devenir, mais déjà à part entière économiquement et socialement (et non toujours à la porte) dans une société elle-même en devenir ?
§ une réalité personnelle : permettre à chaque jeune de « se
construire » pour devenir adulte autonome et responsable en temps voulu tout en restant « jeune » !
§ une reconnaissance politique : ne plus être considéré comme des
« sujets marginaux » (à problème) mais une chance et un apport positif dans « la conduite politique ».
les discours à la mode et l’instrumentalisation de quelques stars (artistes, sportives ou politique !) pourraient faire croire qu’il suffirait de permettre à chaque jeune de réussir
individuellement ou par petits groupes pour que la question de la jeunesse soit traitée, ce n’est pas notre avis : il faut revenir aux concepts de départ de l’éducation populaire, c’est par
une prise en compte globale et raisonnée des questions sociales par l’ensemble des citoyens que l’on fait évoluer la société…
6- Des pistes de réflexions et d’actions à creuser :
Les pistes évoquées ci-après reprennent les propositions de la campagne « Politiquement jeune » portée par le CNAJEP, il s’agit d’un reclassement et d’un questionnement pour les MJC
sur 4 axes :
§ élargir la place et le rôle politique des jeunes, renforcer le soutien aux
organisations de jeunesse :
- encourager la participation des jeunes à l’ensemble des activités
associatives. Inciter les jeunes à rejoindre les associations ne suffit pas. Il faut permettre aux associations de les accueillir à la place qu’ils souhaitent et leur donner les
« clefs » pour y entrer : formation, soutien à leurs projets, reconnaissance de l’élu associatif… est-ce un enjeu pour les MJC ?
- faciliter et permettre la participation des jeunes au sein des instances
démocratiques : légitimer leur place et leur rôle au sein des établissements scolaires et notamment dans les lieux de décision, accroître leur représentation dans les instances consultatives
locales, régionales (CESR) et nationale (CES). Quelle place dans les MJC et quel rôle pour les MJC ?
- développer les organisations de jeunes : par une reconnaissance
spécifique à travers l’attribution de fonds particuliers, le soutien à la formation, la mise en place de mesures législatives ou réglementaires, l’aide à l’organisation locale et à la
structuration nationale par les fédérations. Quel rôle pour notre Fédération et la Confédération des MJC de France ?
§ créer une dynamique sociale avec les jeunes en articulant émancipation
individuelle et place dans la société :
- aller vers un Service Civique Universel à partir des dispositifs actuels
: l’idée a fait son chemin chez les responsables politiques, il ne peut être le remède à tous les maux, mais doit rester avant tout un outil d’émancipation et une chance pour la société. Il
s’agira de proposer des cadres pour favoriser l’engagement de tous en donnant un véritable sens civique à cette expérience sans dériver vers des substituts d’emploi. Les MJC peuvent-elle y
contribuer ?
- internationaliser l’engagement des jeunes face à la mondialisation et
pour une construction citoyenne de l’Europe : soutenir et multiplier les expériences en abondant les moyens alloués aux organismes spécialisés dans les activités volontaires à l’étranger ;
mettre en place des rencontres internationales des organisations de jeunes. Des MJC sont déjà en dynamique…
§ permettre aux jeunes d’accéder rapidement à l’autonomie :
- renforcer l’accompagnement dans leurs projets de vie : pas seulement en
relevant le défi de l’accès à l’emploi, mais aussi par l’acquisition de nouveaux droits et devoirs, la possibilité de se loger, d’accéder à la santé, à la culture, etc. Des MJC apportent leur
contribution dans les dispositifs d’accompagnement, mais dans un souci d’efficacité et de qualité il convient de renforcer les synergies entre les acteurs, de se donner des objectifs plus
ambitieux et d’améliorer la lisibilité pour les jeunes…
- créer une couverture universelle d’émancipation de la jeunesse :
aujourd’hui, le principal frein à l’autonomie des jeunes est d’aspect économique ; ils ne peuvent que difficilement disposer de ressources propres et les aides sont inadaptées, insuffisantes
ou inexistantes. Les MJC peuvent-elles porter un débat public sur la nécessité de trouver les moyens de financement de cette couverture, y compris par une réforme fiscale qui aboutisse à la
reconnaissance sociale et citoyenne des jeunes ?
- développer un service public d’information et d’orientation des jeunes :
l’enjeu est de repenser le rôle et les liens entre les réseaux existants (Missions locales, information jeunesse, CIO, ANPE, Assedic, Crous, etc.) afin de rendre un service de proximité aux
jeunes de la sortie du collège au premier emploi stable. Quel acteur public et quel partenariat avec les réseaux associatifs d’éducation populaire dont les MJC ?
§ modifier profondément l’articulation entre la sphère éducative et celle du monde
économique :
- dénoncer la dichotomie entretenue par notre société entre le
« savoir » et le « travail », l’un serait vertueux, l’autre voué au diable ! Les diplômes deviennent de plus en plus des discriminants sociaux et la plupart des
entreprises se refusent à jouer leur rôle d’intégrateur économique et social en favorisant et stabilisant l’emploi des jeunes. Les MJC, dont l’histoire est en partie liée à celle parfois
douloureuse du salariat, peuvent-elles reprendre leur place dans le débat pour réhabiliter les valeurs éducatives des collectifs de travail ?
- considérer le « travail » comme source de savoir et l’entreprise ou
l’engagement associatif comme lieu d’acquisition de compétences : l’expérience professionnelle et maintenant le bénévolat ou le volontariat sont reconnu par le dispositif de Validation des
Acquis de l’Expérience. Les MJC peuvent-elles accompagner leurs jeunes dans ces processus ?
- ouvrir les établissements scolaires pour en faire des lieux de vie,
d’échanges et de rencontres : permettre aux acteurs sociaux de contribuer au processus éducatif global favorisant le développement de compétences diverses (culturelles, intellectuelles,
manuelles, artistiques, sportives, etc.). Mais aussi, donner aux établissements scolaires une fonction de pôles de ressources » sur leurs territoires en s’ouvrant sur d’autre générations, et
d’autres temps de vie que celui des lycéens et étudiants. Des partenariats avec des MJC existent déjà, comment les développer ?
- renforcer les liens entre l’éducation et la professionnalisation par le
monde du travail : la généralisation de l’intégration de périodes en entreprise dans les parcours de formation scolaires doit s’accompagner d’une recherche de qualité notamment par un
accompagnement personnalisé. Là aussi notre milieu associatif et professionnel devrait s’engager plus, comment ?
Jean-Claude Drost – décembre 2007
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